Vacances & Résistance
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Objectif : le parc de Tsimanampetsotsa (essayer donc de le prononcer !!!)

8 au 11 novembre 

 

 

Journée vacances à Anakao.

 

Un polar, un transat face à la mer et un bon petit dej, voilà une matinée de vacances parfaite !

 

Vers midi, nous partons à la recherche de Chez Emile, un restau où Mic avait mangé il y a 4 ans.

 

Anakao a beaucoup changé en quelques années. Exit le petit village de pécheurs, les constructions en dur se sont multipliées et le village s'est beaucoup étendu. Mic ne reconnaît plus rien. Même le lémurien de chez Stoïck a été remplacé !

 

Nous échafaudons le programme des prochains jours tout en discutant avec un couple du Médoc car eux aussi veulent rejoindre le parc de Tsimanampetsotsa. Différentes possibilités : le vélo, le 4x4, le camion collecteur de poisson, la pirogue. Nous échangeons nos anecdotes. L'histoire du Stewart contre celle du bungalow ! Ils arrivent de Saint Augustin où ils ont dormi chez une famille qui disposait d'un seul bungalow. L'endroit leur plaisait et ils regrettaient de ne pas pouvoir y faire loger des amis qui arrivaient le lendemain. Qu'à cela ne tienne, la promesse de clients supplémentaires a décuplé les forces malgaches et un deuxième bungalow à été construit dans la nuit. Quand on veut ...

 

Nous filons au bureau de l'ANGAP chercher des informations. Thierry gère ce nouveau bureau (l'ile de Nosy Ve va devenir un parc national). C'est un bon point car il y a des programmes pour sensibiliser les pêcheurs à la préservation des langoustes et des poissons mais aussi au nettoyage des plages après le caca de 5h (moment privilégié pour une rencontre authentique avec les locaux). Mais cela va aussi faire entrer pas mal d'argent car qui dit parc, dit ticket d'entrée, guide obligatoire, en plus du prix de la pirogue pour y aller.

 

 

Thierry s'occupe de nous trouver 2 piroguiers pour le lendemain. Si le vent est bon, on arrivera pour midi au village d'Ambola. Le bureau du parc est à 2km de la plage et le parc 5 km plus loin.

 

Les vents sont contre nous !

 

Le lendemain matin, Thierry est là à 5h pour s'assurer que le départ se passe bien. Malheur, le vent est déjà Sud (y a plus d'saisons !!!). Nous tirons des bords qui nous donnent plutôt l'impression de reculer. Le vent forcit encore et nos marins finissent par tomber la voile.

 

La plage est jolie et nous préférons débarquer pour alléger la pirogue. Nous allons plus vite à pied qu'eux à la rame et je m'oblige à trainer un peu en ramassant des coquillages pour rester à leur niveau. Et 2kg de plus à mettre dans les sacoches ! Mic est ravi...

 

2h plus tard nous stoppons dans un petit village où réside la grand-mère d'un des piroguiers. Un couple de malgaches, Georges et Victoire, nous accueille dans leur maison et nous prépare à manger. C'est carrément la tempête et le sable fouette les gens qui s'aventurent à l'extérieur. Notre « maison provisoire » est une seule pièce qui regroupe 3 lits, une table, un buffet avec un peu de vaisselle et une énorme valise pour les vêtements. Nous y restons terrés tout l'après midi à parcourir les guides, calculer les km et scruter les cartes. Finalement, après de nombreux débats et argumentaires, nous renonçons à poursuivre la RN10 jusqu'à Fort Dauphin (snif). Une prochaine fois.

 

Je tente une sortie et pars me promener en bord de mer. Me voici très vite entourée d'une vingtaine de gamins qui, constatant que j'aime les coquillages, mettent un point d'honneur à ratisser la plage pour moi. Ils me les rapportent avec un grand sourire en me disant « cadeau » ! C'est Mic qui va être content !!!

 

Je fais connaissance avec la grand-mère. La communication étant limitée, je sors les photos de famille. La grand-mère veut les garder en souvenirs ! Nous lui offrons une carte postale de Paris. Les enfants nous récitent leur leçon de français. Ils sont incapables de faire une phrase mais connaissent par cœur le nom des 5 doigts de la main, les jours de la semaine, les mois de l'année, les couleurs, les différentes partie du corps humains bref tout ce qui peut se lister. On met ça en pratique en chantant « Alouette ». Notre alouette est un peu bizarre car on lui plume le coude, le genou, le pied et l'oreille, mais on s'en fou !

 

Nous partons le lendemain à 4h du matin. Il fait nuit noire mais le vent a à peine faiblit. Même scénario que la veille et nous arrivons finalement à Ambola à midi. La piste pour rejoindre le bureau de l'Angap est très sablonneuse, alors on pousse sur une bonne moitié du chemin. Nous voici bientôt munis d'un guide à vélo pour aller au parc. Nous laissons nos sacs au bureau et partons avec le minimum vital : la tente, les matelas, la popote, de l'eau, du riz et une dizaine de mangues. Ce soir on fait juste le trajet et on campe dans le parc.

Le sable laisse enfin place à l'argile et nous retrouvons le plaisir de pédaler !

Au campement, nous retrouvons 4 volontaires américains qui passent 2 ans à Mada sur différents projets. L'un d'eux est photographe et parcourt les parcs nationaux peu connus pour en faire des belles photos qui serviront à faire de la pub. C'est une chance pour nous car leur guide est à l'affut de la moindre bestiole à photographier. Il y a beaucoup d'animaux nocturnes et nous observons à nouveau le microzébus (petit lémurien) mais aussi la mangouste et un boa venu se désaltérer à la source du camping. C'est vraiment à mon tour d'aller chercher de l'eau ?

 

Visite du parc et retour à la case départ.

 

Le lendemain, nous enchainons 3 circuits dans le parc. Baobab souriant, baobab grand-mère (tout ridé, âge estimé à 3000 ans), grotte sacrée et ses poissons aveugles, et grand banian aux racines spectaculaires.

 

On reprend les vélos pour aller voir le fameux lac qui change de couleur suivant la course du soleil. Il est peuplé de flamants roses qui, malheureusement pour nous, sont à cet instant au beau milieu du lac et qu'on aperçoit à peine. C'était mieux hier soir car la marée étant haute (ce lac d'eau salée subit l'influence de la marée) les flamants sont au bord mais ça, il aurait fallu nous le dire avant ! C'est à ce genre de détail qu'on reconnaît un bon guide d'un mauvais guide. Et par-dessus le marché, pour gagner quelques km, il nous a fait rouler dans des mares d'argile. Les vélos sont dans un état lamentable.

 

 

Nous croisons un 4x4 qui va rentrer à vide sur Tuléar demain. Voici l'opportunité de rejoindre la N10 à moindre frais (le trajet est déjà payé par le proprio donc on donne au chauffeur ce qu'on veut, c'est au black). On hésite mais l'arborétum loupé et la piscine naturelle de Saint Augustin nous tentent bien. On décline l'offre.

 

La visite est finie. Nous retournons chercher nos affaires au bureau du parc. Il est 11h30 et nous avons tout sauf envie de refaire les 2 km de piste sableuse en plein cagnât. Nous louons donc les services d'une charrette à zébus qui nous ramène au petit trop jusqu'à la pirogue.

Retour à Anakao avec le vent du sud (il n'a quand même pas osé tourner nord pour le retour).

 

Nous dépassons une barre de rochers. Pour entrer dans la baie qui se trouve derrière, il faut traverser la zone des rouleaux. A l'aller, à marée basse, c'était calme mais à marée haute c'est une autre histoire. Nous faisons face aux vagues, le pilote attendant le bon moment pour s'engager ... C'est parti ! La pirogue part en travers, se retrouve parallèle aux vagues. On s'aplatit au fond à la vue de la vague qui déferle sur nous et le deuxième piroguier se jette sur le balancier pour faire contre poids. Le barreur redresse, nous surfons sur les vagues, on est passé !!!

 

Nos piroguiers nous expliquent qu'il y a beaucoup de marins qui sont morts à cet endroit ... Heureusement qu'on ne le savait pas avant ! Décidemment, on pensait avoir fait le tour de la pirogue et à chaque fois qu'on repart pour un tour, on a des surprises !

 

 

Retour à Anakao sans problème. Il nous reste encore le trajet pour Saint augustin demain, et ensuite vive le plancher des vaches ... heu, des zébus !



Publié à 05:23, le mardi 2 décembre 2008 dans d. Madagascar, tsimanampetsotsa
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