Vacances & Résistance
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Le meilleur et le pire en vélo

 

  9 au 11 octobre

 

Départ à l'aurore pour notre premier jour de piste. On déguste les meilleurs beignets à la banane de mada en regardant le soleil se lever. Apres 10km de route, on attaque la piste. Elle est comme dans nos rêves !!! Un beau ruban rouge qui s'enroule et se déroule dans les collines. Si notre passage suscitait la curiosité le long de la N1, sur la piste de Belobaka c'est l'enthousiasme ! Les gens courent pour nous voir passer, on nous encourage, nous souhaite bon voyage. Depuis le début, nous croisons beaucoup de malgaches en vélo. Ils savent ce que c'est que de se déplacer en vélo et ils ont l'air d'apprécier l'effort que nous fournissons pour venir les voir. Nous trouvons un peu de tranquillité à l'ombre d'un grand arbre pour le pique nique du midi. Désormais, on ne s'arrete dans les villages que pour acheter des bananes ou des beignets ou vérifier qu'on est sur la bonne route.

A Belobaka, nous filons directement voir Madame Célestine, l'adjointe au maire (on est recommandé par Jonas, celui de Sakay et par Mireille !). Elle a des chambres et s'occupe de nous trouver un guide. Mic remet les vélos en état ce qui n'est pas du luxe après 65km de poussière rouge. Nous en sommes aussi couvert de la tête aux chaussettes !

Le soir Célestine nous présente un guide et 2 porteurs. Les gens qui partent à pied prennent souvent des porteurs mais nous, comment faire avec les vélos ? Personne n'arrive à nous décrire les difficultés du chemin. Apres tout, on est déjà arrivé jusqu'ici alors s'il faut décharger et porter sur certains passages difficiles, et bien on le fera. A la question du pique nique du midi, nous expliquons que nous comptons faire cuire du riz ce soir et le manger froid avec tomates et avocats (on les trimbale depuis Ampefy et ils sont enfin murs !). A cette idée noter guide frémit d'horreur et il va prévoir son pique nique de son coté !

En fait pour le repas du midi, comme la chaleur oblige à une pause d'au moins 2h, les malgaches ont le temps de faire cure du riz. Donc ils ont dans leur sac une grosse gamelle et du riz. Charment minimum. Recherche d'un point d'eau, 3 pierres comme support, du bois et c'est parti.

Joaj, notre guide, a trouvé un VTT. C'est un VTT chinois, les seuls qu'on trouve à Mada et on comprend pourquoi tout le monde nous envie les notre ! Ceci dit il est beaucoup plus léger. La première matinée se passe bien même si on a l'impression de faire beaucoup de détours dans les collines et si ça monte toujours inexorablement. Paysage splendide de collines d'herbes jaunes zébrées ça et là de canyons rouges. Traînées verdoyantes là où coulent les ruisseaux. Pas grand monde sur les chemins et meme plus de zébus.

Ca se corse dans l'après midi. Les montées sont très raides et nous obligent à pousser le vélo. Mais avec le poids des sacoches je glisse sur la pente poussiéreuse et j'ai parfois du mal ne serait ce qu'à empêcher mon vélo de redescendre. Joaj ne ménage pas sa peine et nous aide à tour de rôle en poussant avec nous.

Puis on arrive à la fin de la piste des 4x4. Devant nous un mince chemin qui serpente au milieu des termitières (je me crois un géant en visite en Egypte). Le chemin est prévu pour les piétons et se transforme parfois en escalier ou passerelle enjambant les canyons. Il faut tout décharger et porter les cacs et les vélos un par un. Ici des porteurs seraient en effet très utiles.

Nous rejoignons justement un groupe de 7 malgaches qui vont aussi à Ankavandre. Ils vont plus vite à pied que nous en vélo. Pour la fin de la journée nous avons opté pour une nouvelle stratégie : charger les sac à dos pour alléger les vélos et les rendre plus manoeuvrant dans les passages à pied. Le problème de l'extrawheel se sont les ornières car la piste est parfois très creusée et les sacs frottent par terre, obligeant Mic à rouler entre les touffes d'herbes jaunes (tres dures car ce sont en fait des tiges calcinées).

Le soir nous improvisons un campement près d'un point d'eau avec les marcheurs. Apres cette journée très difficile on aimerait un peu de tranquillité mais tout ce qui nous concerne les intrigue au plus haut point (on peut les comprendre). Et pour satisfaire leur curiosité ils ne se contentent pas d'observer de loin mais viennent se mettre à 2m de nous et regardent sans un mot.

La tente devient un refuge pour un peu d'intimité. Le réchaud à alcool et la popotte font l'animation de la soirée. Il faut dire qu'un malgache mange en riz ce qu'ont servirait pour un groupe de 6 personnes en France ! Alors notre popotte, elle est dimensionnée pour un enfant de 4 ans et nous on y mange à 2 !!!!

2ième jour, la piste est plus roulante et ça c'est bon pour le moral. Nous attendons les marcheurs près d'un ruisseau. Comme ils ne transportent pas d'eau (question de poids ou de culture ?) il est vital pour eux de s'arrêter à chaque point d'eau pour boire. Par contre ils transportent une tasse qui passe de main en main.

Pour la portion suivante, nous comprenons qu'il y a un risque de rencontrer des voleurs armés. Il faut donc rester groupé. Les malgaches ont l'air inquiet et accélèrent le pas, scrutant les collines.

La dernière partie est impossible à faire en vélo. Il faut descendre la montagne par un petit sentier escarpé. Notre guide embauche 2 porteurs parmis le groupe. Sans eux on aurait mis la journée à faire les aller-retour avec les sacs. En bas une belle récompense nous attend. D'énormes manguiers. Nos poteurs en ont déjà amassé un petit tas et notre guide grimpe sur une branche pour en faire tomber d'autres. Festin de mangues ! « Pas plus de 8 » dira quand même Michael !!!

Nous débarquons dans le village en plein cagnât et nos réserves d'eau sont vides. Heureusement Lalys qui nous loge nous prépare un excellent poulet-sauce-riz pour nous remettre d'aplomb. Comme l'épicerie est fermée, pas possible d'acheter de l'eau vive (l'eau de source de Mada). On se jete sur le pichet d'eau, tant pis, on prend le risque, on a trop soif !La clé du cadenas de notre chambre reste introuvable malgré les multiples trousseaux essayés. Qu'à cela ne tienne, ils font sauter le cadenas au tournevis devant tout le village. Comme ça ils savent comment faire maintenant ...

Nous avons un piroguier, monsieur Claude, pour demain et 2 pirogues pour un prix raisonnable. Il nous guettait en bas de la montagne et l'affaire a été vite conclue. Les prétendants piroguiers défilent tout l'après midi (moi spécialiste croco) mais à Mada aussi, l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt !

On tire les rideaux pour être plus tranquille mais les enfants n'hésitent pas à passer la tête sous les rideaux pour voir les vazas de près... Il faut se faire une raison. La basse cours défile aussi devant notre porte : poules, canards, cochons, chiens, zébus ... Les chiens ici ne sont pas du tout agressifs (ils sont matés très jeunes) et sont plus que maigres. Ils dorment toute la journée et se vengent la nuit des coups de pieds reçus en aboyant le plus fort possible. Où aije bien pu mettre mes boules quies ???



Publié à 09:49, le mardi 4 novembre 2008 dans d. Madagascar, Ankavandra
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