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Une fois installés dans le camion brousse et les vélos remorque et sacs chargés sur le toit, on se dit que le plus dur est fait. Erreur ! Le camion s’arrêt à la moindre occasion, dès qu’il y a quelqu’un ou quelque chose à charger : bidons d’essence vides, paniers de poissons (d’ailleurs notre voisine de derrière en a piqué qqs uns). e
Le camion brousse à Mada, c’est comme le Paic citron chez nous :quand il n’y en a plus (de la place) il y en a encore ! On devait être au moins 60 là dedans. On dit serré comme des sardines, on pourrait dire comme des malgaches ! Et en bonus, dans les montées ensablées, le camion étant surchargé, il n’a pas assez de puissance et il faut débarquer 15 à 20 personnes à chaque fois. Et puis dans certains passage de sable mou, il a fallu placer sous les roues des plaques métalliques pour ne pas rester plantés là. 3h pour faire 30km ! Le plus rageant c’est qu’on aurait tout à fait pu le faire en vélo, on aurait poussé dans les quelques endroits difficiles, et on n’aurait pas mis plus longtemps !
Enfin, nous voici à Tuléar, on va pouvoir se poser un peu, donner et prendre des nouvelles, et mettre à jour le blog.
Ca fait maintenant 4 j que nous sommes à Tuléar : on a fait l’erreur de craquer pour des pizzas dans un resto à Vazas et depuis on est malade : régime riz + tiorfan + charbon + vitamine C + paracétamol (et un smecta pour la route). Enfin mon estomac est plus fragile que celui de Céline ou alors c’est parce que j’ai mangé plus de pizza en terminant la sienne ! Ca nous apprendra à faire des infidélités à la cuisine locale. Nono, fait péter la canelle stp ! (ya 2h de décalage horaire avec vous).
On a même réussi à se faire arrêter pile poil devant le comissariat de police : on circulait à vélo en sens interdit. Ah bravo ! On en a finalement été quittes pour 1 amende sur les 2 (sans reçu, ça va direct dans la poche comme ça) ce qui est un bon compromis entre le simple avertissement et les vélos qui restent la nuit au poste en attendant que le mec qui fait els reçus ne revienne le lendemain matin ! Evidemment, on n’avait pas nos passeports sur nous (mais ils ne nous les ont pas demandés), ni de vignettes sur les vélos. En tout cas ça les a bien fait marrer, bande de nazes !
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Publié à 12:18, le jeudi 6 novembre 2008 dans d. Madagascar, Tuléar Mots clefs : |
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Petit dèj au club de plongée avec nico le moniteur. On évoque son passé à Belo s/mer, l’isolement de Salary et la Malagasy Cup une course de boutres et pirogues à voile organisée en octobre 2007, mais qui a tourné court, l’organisateur ayant tué sa femme dans la nuit suivant la première étape.
Une fois équipés, nous partons au large direction « Versicolor » à l’aide du GPS. Avec nous à bord, un délégué de l’Union Européenne spécialiste des histoires d’hippopotames et de l’usure des routes bitumées à cause de la surcharge sur les essieux des camions malgaches, une femme résident à Tana et qui passe son niveau 1, et un jeune expat qui bosse chez Vinci. Ce dernier nous raconte qu’hier soir le patron de l’hôtel voisin a poursuivi un mec dans les dunes un harpon à la main ! Il est content de partir bientôt « ils sont fous ici ». Il y a aussi Fred le patron et son fils Alex. Céline a les sinus bouchés alors elle se fait des lavements de narines à l’eau de mer pour les nettoyer : c’est radical !! La mer est agitée, ça brasse pas mal sur le bateau. La plongée est à la hauteur de nos espérances : des coraux de toutes les formes et couleurs, des poissons cocher, murène. On en prend plein les yeux et l’eau est à 26°C, ce qui fait 20°C de plus qu’au Canada !!
Pour avoir une idée qqs photos sur ce lien http://www.salarybay.com/photo.php
40 min de pause avant la 2ème plongée (qu’on ne fait pas pour cause de budget) suffisent à me donner la nausée. Au retour on passe non loin de vieilles épaves du XVIIe, complètement détruites. Elles sont à 5m de fond et il ne reste plus que les canons, boulet, mousquets, que l’on peut apercevoir en snokelling par temps calme et bonne visibilité, ce sera pour une autre fois. Ensuite on croise des pêcheurs et leur achète 5kg de poissons (dont 1 pour nous). On déjeune protégés du vent et du sable, à l’intérieur du club de plongée avec Clémence la copine du patron et Cissia. Puis farniente à l’ombre l’après midi. On recroise le couple de Marseillais qui nous apprend que l’OM a pris une claque au Vélodrome contre le PSG 4-0 aïe aïe aïe !
Le soir clémence nous invite à prendre l’apéro. On arrive avec notre rhum arrangé maison : rhum local + ananas + gingembre + sucre préparé par nos piroguiers. Seuls Fred et Nico s’y risqueront. Finalement, on reste pour dîner avec ce que nous ont préparé nos cuistots. Longues et très intéressantes discussions avec Fred qui a déjà beaucoup bourlingué et qui est passionné par la plongée et mada. Il nous explique combien la vie est rude ici sans eau, avec la ville la plus proche à 100km aller de piste de sable. Il faut être fort mentalement et ça use. Il nous fait part de son admiration pour les Malgaches qui vivent en harmonie dans cet environnement qui, à nous, nous parait si hostile. Ils sont capables de trouver LA source d’eau dans un endroit ultra aride, ou du miel au creux d’un arbre mort …Cet équilibre est pourtant fragile et notre présence le perturbe en créant de nouveaux besoins. Une petite anecdote parmi tant d’autres : un ancien villageois a laissé au chef du village 6 mois d’abonnement à Canalsatellite à son départ. Le chef est resté sur XXL, la chaine porno, Pendant 6 mois tout le village en a profité chaque soir ou presque : du coup ça les a rendu fous, « même la grand-mère y est passée » et maintenant 80% des soins au dispensaire concernent des MST !
Il y a aussi eu blessés et morts suite à des diffusions de films de kung fu !
Dernière ligne droite, en route pour Mangily, dans la pétole, on commence à trouver ça long ! En chemin, une rencontre pour le moins incongrue : une queue de baleine, hors de l’eau, parfaitement im mobile pendant 15 minutes. Est-ce une baleine échouée ? morte ? la queue en l’air ? Non, elle devait faire la sieste car la voilà qui part vers le large…
Nous passons sans soucis les vagues qui déferlent juste avant la barrière de corail. Nos piroguiers connaissent parfaitement la passe. Une fois à l'intérieur, tout est calme et limpide, étoiles de mer à portée de main !
Arrivés à destination, on s’installe « chez Alex », nos piroguiers aussi. Ils vont essayer de trouver des Vazas à emmener jusqu’à Morondave histoire de ne pas faire le retour à vide. On passe au club de plongée où Richard un « Sudaf » installé depuis 18 ans nous propose de plonger demain matin après un thé.
Ce soir c’est fiesta ! méchoui, brochettes et buffet de fruits de mer chez « Freddy » avec un groupe de musique local. La dernière table est dehors : on est au frais pas trop prêt du groupe de musique et just’à côté du buffet et du BBQ : parfait quoi ! Céline avale 3 dizaines d’huîtres (bon, elles sont toutes petites) et moi je craque sur les oursins qui sont énormes, mais les salades aussi sont appréciées tout comme les brochettes de calamar, crevette, poisson et zébu. Bref une soirée gastronomique !
Le l endemain on retrouve chez Richard les 2 Slovennes aperçues à Salary elles viennent plonger avec nous. La mer est très calme, on passe même au dessus de la barrière de corail alors qu’il faut normalement la contourner quand il y a des vagues. La plongée est magique, une multitude de poissons plus colorés les uns que les autres, et 2 énormes mérous imperturbables. Entre les 2 plongées on prend les tubas pour snorkeler sur la barrière de corail, un vrai régal.
Au retour RDV chez Micheline où nous attend le fameux poulet vanille commandé la veille.
L’après midi c’est révision des vélos, bien que tout le monde nous déconseille vivement d’essayer de rejoindre Tuléar par la piste : il n’y a que du sable. Ok, alors nous prendrons le camion brousse demain matin.
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Publié à 12:03, le jeudi 6 novembre 2008 dans d. Madagascar, Salary Atsimo Mots clefs : |
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Les piroguiers, Liliak et Tüv, sont là de bonne heure pour nous aider à tout trimbaler jusqu’à la pirogue qui nous attend pas très loin. La pirogue est en excellent état (elle n’a que 4 mois) c’est déjà ça. On charge tout à bord, on avale quelques beignets en guise de p’tit dèj et nous voilà partis. La mer est calme, peu de vent, la voile n’est d’ailleurs pas hissée et c’est à la force des pagaies que l’on s’éloigne de la côte. De nombreux pêcheurs sont déjà loin au large, il y a des pirogues à voile de partout. Une fois la passe franchie (marée basse), la voile est hissée le soleil apparaît enfin et le vent du nord fait le reste, ça tombe bien, cap au sud ! Un piroguier se tient à l’avant pour les manips de voile, et l’autre à la barre (enfin à la pagaie).
Nous sommes assis beaucoup plus confortablement que dans la minuscule pirogue du Manambolo, l’un d’entre nous peut même s’allonger en bougeant un peu les sacs. Les heures passent, les piroguiers nous font un parasol avec une couverture : nous sommes maintenant à l’ombre et cheveux au vent, la mer n’est pas agitée, c’est décidé après Belo s/mer on continue en pirogue à voile jusqu’à Ifaty.
Après 6 bonnes heures de navigation, on arrive à Belo, on nous débarque chez Romaro, où l’on nous propose un bungalow sur pilotis avec terrasse. Le sable est tellement chaud que l’on doit courir à l’ombre pour ne pas se brûler la plante des pieds. C’est parfait pour les 3 prochaines nuits. On part au village acheter du poisson pour midi, après avoir traversé la mangrove avec une petite pirogue empruntée sur place. Un peu partout on peut voir des pirogues à voile et des boutres en construction. Belo est un chantier très important de la cote ouest.
De retour à l’hôtel, on se retrouve tous à la cuisine : les piroguiers pour préparer le repas et nous pour prendre notre 1ère leçon de cuisine malgache. Au menu du riz évidemment et crabe en sauce.
Le repas est servi à 14h30, on commençait à avoir faim ! On se régale avec vue sur la mer, tandis que nos piroguiers préfèrent manger en cuisine.
Après midi sieste et début des leçons d’espagnol avec Assimil. Pour les prochains jours, on prendra le bouquin à portée de main sur la pirogue.
Le lendemain matin départ de bonne heure et d’un bon pas pour les salines à 8 km à l’intérieur des terres. C’est la marée qui se charge de remplir les bassins séparés par des canaux et quelques pompes thermiques. La croûte de sel est cassée à la main, mise en tas avec des seaux puis ensachée et montée dans un camion direction Morondave où l’iode sera ajouté.
On se promène (tsonga tsonga) dans une jolie petite forêt de baobabs bouteilles avant de rentrer pour éviter les grosses chaleurs. Au retour on traverse carrément les salines ce qui nous permet d’observer d’encore plus près les gens au travail. On rencontre aussi la tante d’un des piroguiers à qui l’on achète du rhum local mal distillé : le toca gach.
Au village on achète du poisson et on passe se renseigner au club de plongée. Le bateau est en rade, les plongées du jour reportées au lendemain, donc impossible de faire 2 plongées, dommage ! On va plutôt tenter d’aller sur une île avec nos piroguiers pour faire du snorkeling. Poisson sauce et patates frites sont vites avalés : 4h de marche au soleil dans le sable , ça creuse !!.
Ce soir c’est décidé, on va au ciné ! Enfin, dans une gargotte avec une télé où l’on va passer un DVD d’action en français. Les malgaches, bien qu’ils apprennent le français à l’école, ne comprennent rien aux dialogues et du coup, seuls les films d’action les intéressent ! Pour patienter, des clips musicaux passent en boucle : Wawa et Jerry Marcoss ont beaucoup de succès. Le film commence. Il manque des morceaux dans le générique, le gérant, télécommande en main, semble mettre des coups d’avance rapide... Ah non le film aussi est comme ça ? il est totalement entrecoupé !! On n'y comprend rien mais ca ne semble gêner absolument personne dans l’assistance. Au bout d’un long ¼ d’heure, on finit quand même par changer de film, ouf !
Dans le second, des pirates de l’air détournent un boeing 747, avec à bord une super bombe de la mort qui tue. Un proto de L’US Air force est utilisé pour s’arrimer sous le boeing et permettre à des GI de monter à bord…
Ensuite ils trouvent la bombe, croient pouvoir la désamorcer, n’y parviennent pas, alors ils décident de lancer l’assaut contre les terroristes.
Ensuite ils trouvent la bombe, croient pouvoir la désamorcer, n’y parviennent pas, alors ils décident de lancer l’assaut contre les terroristes.
Attend, on l’a pas déjà vu ça ? Le film tourne en boucle au moins 5 fois avant que l’assistance ne commence à réagir… Toutes les tentatives de relance du DVD échouent. On ne connaîtra pas la fin de « Décision critique ». Les malgaches ne semblent pas déçus : ils étaient venus voir de l’action et ils en ont eu ! Merci d’avance à celle ou celui qui pourra nous raconter la fin du film (surtout le rôle du flic en civil et de l’intrépide hôtesse de l’air). On rentre à l’hôtel en traversant la mangrove : c’est plus facile à marée basse. Notre dîner nous attend emmailloté dans une couverture car il est tard et tout le monde à l’hôtel est couché. Dîner non pas aux chandelles, mais aux frontales.
Le lendemain matin on se lève un peu plus tard, nos piroguiers sont ok pour nous emmener sur l’île la plus proche à 15km au large, on emmène masques et tubas. Le vent est sud et petit à petit il forcit. Du coup les vagues se creusent, on tire des bords et on se fait pas mal arroser.
On dirait qu’on s’éloigne de l’île là ? Les piroguiers tombent la voile, et pagaient ¾ d’heure mais le vent est trop fort. On décide de faire demi tour. Au retour on se fait bien brasser, on diminue la voilure et on prend de la flotte plein la figure, alors on écope en continu, à tour de rôle. On n’est pas fâchés d’arriver. On va acheter le poisson pendant qu’ils lancent la cuisson du riz : 1000 ariary pour 4 poissons perroquets (50 centimes d'euros), décidément, les prix diminuent chaque jour ! Après midi snorkeling sur le banc de sable. Poisson frit et au lit car demain, « vamos à madrugar » (se lever de bonne heure, en castillan).
On part avant le lever du soleil , la mer est calme et si la voile est hissée, c’est surtout les pagaies qui nous font avancer… Derrière nous le soleil se lève sur Belo. Nouveautés : on a désormais 2 gilets de sauvetage et une 3 ème pagaie : est-ce dû à la sortie plutôt agitée d’hier ? C’est plutôt une bonne chose et du coup je pagaie aussi, car à cette allure on n’est pas près d’arriver. Le vent du nord finit par se lever vers 8h et il est si fort que nous arrivons mouillés mais avant midi, à Andranopasy. On achête cette fois ci le poisson directement aux pécheurs car les femmes sur la plage essaie de nous le vendre à prix de vazas.
Le lendemain le soleil se lève 10min après la mise à l’eau. La mer est calme, la côte couverte de mangrove et nous pagayons sans relâche et sans vent.
Après 5h de pétole, le vent du nord finit par se lever. Nous croisons notre premier boutre et finissons par nous arrêter en fin d'après midi dans une baie qui abrite un minuscule village. Ici on ne peut pas acheter de poisson nous dit-on.
Finalement on nous apporte des miettes de requins et des petits requins cuits à l’eau avec le riz. Unique repas de la journée mais excellent. Comme ici il n’y a pas d’hôtel, on monte la tente. Des pêcheurs Vezzo sont déjà installés non loin sur la plage pour passer la nuit.
C'est la fin du stock de riz. Donc demain, arrêt forcé à Morombe pour en acheter. Honorés de notre visite, des zébus nous jouent la sérénade toute la nuit sur la plage.
Départ à l’aube, à la pagaie, encore une fois. Aujourd’hui le vent du sud s’installe de bonne heure et il forcit : on tire des bords pour finalement atteindre la plage de Morombe. Il est 8h30, inutile d’insister, on ne repartira que demain. Chouette, ça nous fait une journée off et après nous être installés dans un bungalow (et les piroguiers aussi), on file au marché refaire les provisions car à force de manger des mangues sur la pirogue, des ananas en dessert et des noix de coco à 4h, il ne nous reste pas grand chose…
Ici ce n’est pas possible d’utiliser la cuisine de nos hôtes, alors les piroguiers nous emmènent dans une gargotte. Et comme on s’en doutait, c’est à nous de payer les 4 repas. C'était pas vraiment le deal ça ! Rebelote le soir, où nous dégustons crabes en sauce et crevettes grillées. L’après midi, les 2 vélos ont bien mérité un petit coup d’huile de partout : ils sont arrosés d’eau salée à longueurs de journée, la rouille attaque de toutes parts…
Le soir un invité surprise nous rend visite, non ce n’est pas l’ami Ricorée, c’est un lémurien, un maki, qui vient se délecter de nos pelures de mangues. C’est un animal domestique qui s’est fait la belle, à en juger par la cordelette qu’il a encore autour de la taille. LA nuit tombée, on rencontre 5 savoyards qui voyagent léger, depuis un mois, et qui viennent de faire le parcours qui nous attend (depuis Fort Dauphin). On partage nos expériences et aventures. Ils arrivent de Salary, en pirogue à voile, en une journée, portés par un fort vent du sud. Ils ne tarissent pas d’éloges sur la beauté de la côte qu’ils ont vue aujourd’hui, et nous rassurent sur l’état des pistes jusqu’à Fort Dauphin, et même Manakara (terminus du train de Fianarantsoa). On s’endort dans l’espoir d’en prendre plein la vue demain.
Conformément aux prévisions d’un piroguier rencontré la veille sur la plage, dès l’aube le vent du nord est soutenu, c’est parfait ! Nous naviguons très près de la côte, longeant plein de petites îles habitées. L’eau est bleu turquoise. Nous sommes dés ormais protégés par la barrière de corail, il n’y a donc pas de vagues.
La voile est parfaitement gonflée, vent arrière, on file à vive allure, un vrai régal. On croise de jeunes pêcheurs avec masque et harpon, des femmes qui ramassent des oursins, car là où nous naviguons, nous avons pied !
Petit à petit le sable devient de plus en plus blanc, et la couleur de l’eau passe au vert jade, on voit parfaitement le fond de l’eau. Vers midi, à marée basse, on doit parfois tomber la voile et descendre de la pirogue, pour ne pas l’abîmer en touchant les coraux morts.
L’endroit est « juste parfait » (comme diraient les 2 suisses) magique, là c’est les vacances. Les cartes mémoire en prennent plein les dents. A 14h30 nous sommes déjà arrivés à Salary où nous nous arrêtons près du club de plongée. Le luxueux hôtel à côté est complet, heureusement pour nous, car c’est 80 euros la nuit ! On nous autorise à planter la tente près du club de plongée. Comme Céline et moi allons au village acheter du poisson, les piroguiers lancent le feu pour la cuisson. Nous tombons sur Cissia, une malgache très pétillante qui nous dégote du poulpe pour midi. C’est la copine du moniteur de plongée, Nicolas, et elle est toute excitée à l’idée d’avoir des nouvelles de Morondava, où vit sa famille et notamment sa mère qui n’est autre que celle qui nous a dégoté les piroguiers. L’un d’entre eux se trouve même être son oncle et elle n'en revint pas d’apprendre qu’on a parlé avec sa mère !!
Rencontre sympathique et heureuse qui nous ouvre grand les portes de la cuisine et les gamelles, ce sera plus simple que le feu dans le sable. On discute plongée avec Nicolas qui nous propose un départ le lendemain matin après avoir pris ensemble le petit déjeuner. Il est visiblement content de voir des vazas dans ce coin de paradis où il n’y a pourtant ni eau, ni réseau de téléphone portable. C’est précisément ce qui explique le succès de l’hôtel de luxe : la 1ère ville et l’accès se fait par 100km de piste sablonneuse, ici on est vraiment certain de ne pas être emm..bêté pendant ses vacances.
Baignade au soleil couchant. Nous discutons avec Henri et Manuella, un couple de marseillais qui s’éloigne un peu pour photographier le coucher de soleil. Ce soir, Cissia, encore toute émoustillée de ces nouvelles, nous invite à boire une bière au bar du village qui passe de la musique à fond. On évoque les mikéas (peuplades des forêts reculées), Zazal le travesti de Morondava, et le nauffrage, il y a un mois, de 2 vazas en pirogue à voile, repêchés par des pêcheurs.
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Publié à 12:00, le jeudi 6 novembre 2008 dans d. Madagascar, Belo Mots clefs : Belo |
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La grande nouveauté, c'est le petit déjeuner « santé » copieux au resto de l’hôtel. Ensuite on a quand meme de la logistique à faire : la banque pour l’argent, la Poste pour voir si on peut renvoyer des affaires en France (et oui, les vêtements chauds et les duvets ne servent pas beaucoup). Mais à 50 euros pour 2kg max par colis, on n'ira pas loin. Coup de chance, on y retrouve le groupe de Besançon qui est à notre hôtel et on leur demande s’ils accepteraient de déposer un sac à notre hotel d'Ivato (aéroport), vu qu’ils rentrent à Tana demain. Ca a l'air faisable, cool !
Petite promenade au marché où l’on achète de quoi se faire un repas frugal à midi : tomates, mangues et noix de coco et l’on savoure jus de tamarin et yaourt maison (on a découvert ça à bélo et on ne s'en lasse pas). Le tamarin se vend aussi sous forme de grosses boules de grains collés entre eux. On croise aussi les 2 suisses (et non, toujours pas de 3ieme)
et Laurent le réunionais, au cybercafé. Tous désespèrent d'avoir une connexion (envoi de 2 mails en 30min).
Après midi farniente et première baignade dans le canal du Mozambique, sur le banc de sable juste en face de la plage de l’hôtel. On sirote un punch coco au bar avec les Suisses. Puis on dîne au cheval de mer où un vaza alcoolisé tente de nous sapper le moral en nous racontant combien selon lui c’est dangereux de voyager à vélo à Mada. Le rhum arrangé offert par la maison va nous aider à nous endormir.
Le lendemain, on part avec le groupe de Besançon jusqu’à l’aéroport pour s’assurer qu’ils n’ont pas de pb de surpoids avec notre bagage. Tout est ok : c’est Marie Thérèse qui se chargera d’emmener le sac à la réception du manoir rouge, où nous dormirons avant de prendre l’avion du retour. On poireaute à l’aéroport en attendant que le chauffeur du minibus daigne revenir (il attend un éventuel groupe qui sortirait de l’avion qui arrive pour rentre en ville plein plutôt que vide) Mora Mora (doucement, doucement).
De retour en ville, on passe à la pharmacie pour acheter du charbon (pour améliorer le fonctionnement de mon intestin) et de l’huile pour les vélos. On tente le cybercafé de la rue principale pour envoyer quelques news et ça marche pas trop mal. Sur la plage, ça s'active pas mal vers midi, au retour des pirogues. Les femmes rapportent sur la tête des paniers remplis de ce que la mer a bien voulu donner à leurs pêcheurs de maris.
C’est grâce à Marie de Vezzo Découverte que l’on trouve un piroguier qui parle français et qui accepte de nous emmener d’abord à Belo sur mer où l’on fera un stop, et ensuite jusqu’à Ifaty si on décide de continuer en pirogue à voile. On part ensemble acheter les provisions pour le voyage car les piroguiers seront aussi nos cuisiniers : il nous suffira d’acheter du poisson chaque jour aux pêcheurs.
Au marché, le 2ème piroguier nous rejoint. On achète pléthore de riz : 30 kapok (l'unité universelle ici de quantité de riz, c’est une petite boîte de conserve remplie au maximum), des légumes (gingembre, ail, oignons, tomates, carottes, patates) des fruits (ananas, coco, mangues), de l’eau, de l’huile, sel poivre et carry et un énorme panier en osier pour pouvoir ramener tout ça à l’hôtel.
Ca nous a occupé tout l’après midi, et du coup le cyber café est fermé, pas de mise à jour du blog cette fois ci et RDV demain matin à 5h. Petite baignade sur la plage de l’hôtel pour se rafraichir et on dîne chez Perline. En fond sonore, des enfants chantent, juste derrière la palissade, des chansons en français : au clair de la lune, je mets le doigt devant, etc...
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Publié à 11:21, le jeudi 6 novembre 2008 dans d. Madagascar, Morondava Mots clefs : |
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Nous avons prévu de faire étape à la réserve de Kirindy à 45km de Bélo. Ca va faire une petite journée mais nous avons d'abord à prendre le bac pour traverser la Tsiribihina et il ne part pas avant 8h. Nous arrivons à l'embarcadère à 7h, nous sommes les premiers. Arrive ensuite un gros camion brousse chargé de passager. Ouf, maintenant le bac est sur de partir ! Et oui, ce n'est pas payant pour les vélos donc il ne serait pas parti juste pour nous.
Nous faisons alors la connaissance d'Elysé, un malgache au parcours intéressant. Il a fait ses études supérieures à Alger puis à Bordeaux. De retour à Mada, il est embauché comme ingénieur agronome chez Tiko, l'entreprise du président actuel (yogourt, eau de source etc...). Puis il bosse un temps pour le gouvernement jusqu'à la crise de 2002 où « tout le monde s'éparpille ». Il enseigne alors la chimie-physique (et non pas l'inverse) à l'université de Tana avant d'en avoir marre de se prendre la tête. Maintenant il a un 4x4 et promène les vazas. Il adore parler de son pays et en sa compagnie, les 45 min de traversée passent vite !
Petite anecdote sur bélo : c'est ici qu'à lieu la fameuse fête du bain des reliques. C'est tous les 4 ans (prochaine en août 2012) et ça dure une semaine. Musique, danse, 40 zébus sont tués pour nourrir tout le monde. « Le soir, sur une plage prévue pour ça, n'importe quel homme peut aller avec n'importe quelle femme et le matin, on oublie tout ».
Le temps de débarquer, on commence à pédaler vers 9h30, alors qu'on rêve déjà de faire la sieste à l'ombre. Contrôle de police : c'est la première fois qu'on se fait arrêter mais le policier est juste curieux de savoir pourquoi diable on voyage en vélo ! On a l'habitude maintenant de raconter notre périple car à chaque fois qu'on fait une pause dans un village ou au bord de la route, il y a quelqu'un pour demander ! On énumère le nom des villes où on a dormis, le nombre de jours, de km. Ca impressionne. Par contre quand on annonce qu'on va à Tuléar, les gens secouent la tête genre « ils sont fous, ces vazas »
Et c'est reparti avec la foret tropicale sèche. En milieu d'après midi, bonne surprise, on retrouve de l'eau et ça change tout ! Cultures, zébus, villages développés. C'est aussi le printemps et les arbres se couvrent de fleurs. Même les baobabs ont des feuilles !
A la réserve de Kirindy, nous faisons la visite nocturne à la recherche des 5 espèces de lémuriens qui y vivent. 2 des espèces sont minuscules et pèsent entre 50 et 70g. Pas faciles à trouver mais on repère leurs yeux qui brillent dans le noir en balayant avec la frontale. Ensuite le guide leur braque sa lampe torche dessus. Nous arrivons à dégoter 4 espèces sur les 5. Il nous manque le Mirza. Z ‘avez pas vu Mirza ? (trop tentant).
Dernière journée avant Morondava où nous comptons prendre quelques jours de vacances. Au menu pour aujourd'hui, des baobabs en pagaille : le baobab sacré, la baobab amoureux, l'allée des baobab ...
Le baobab sacré reste introuvable. Tant pis, de toute façon, on n'avait pas de coq à sacrifier. Nous pique niquons au pied du baobab amoureux. A partir de 14h, la ronde des 4x4 vient perturber notre tranquillité. Mais c'est aussi l'occasion de rencontres sympathiques avec 2 routardes suisses, puis avec un couple fêtant leur 20 ans de mariage.
L'allée des baobabs nous déçoit un peu. On s'attendait à quelque chose de plus grand. Cela ne nous empêche pas de prendre la traditionnelle photo de la charrette à zébus empruntant humblement cette allée des géants (dixit le guide du routard).
La suite du parcours jusqu'à la route bitumée est splendide. Baobabs au milieu des rizières, baobabs avec les zébus, baobabs et les maisons, baobabs et les petites fleurs bleues ... Pauses photos tous les 100m !
Et retour au bitume. Un peu défoncé certes, mais ça roule tout seul malgré le vent de face !!! On avale les 14km en un rien de temps d'autant plus que 2 malgaches se sont mis en tête de faire la course avec nous. Ca a du les vexer de se faire doubler par une fille avec des sacoches ! A l'entrée de Morondava, il y a un panneau qui annonce qu la ville est jumelée avec Grand Quevilly, c'est amusant ! Une petite pensée pour la Normandie !
Au bout de la route principale il y a la mer. C'est la première fois qu'on voit la mer depuis notre arrivée à Mada (3 semaines). Séquence émotion !
Nous avons du mal à trouver une chambre dans un hôtel pas trop cher car tout est complet. On se fait interpeller par un chauffeur de 4x4 qui était à Kirindy lui aussi hier soir et qui s'empresse de raconter notre voyage à son copain. On commence à être connu ! Enfin, des chauffeurs de 4x4 et de taxi brousse ...
Petit bungalow, restau sur la plage et cocktail à la main, on savoure la fin de la première partie en vélo. Les prochains jours devraient être plus vacances que résistance !
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Publié à 08:46, le jeudi 6 novembre 2008 dans d. Madagascar, Mots clefs : |
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La grasse matinée, c'est environ jusqu'à 8h (les coqs chantent vers 4h). On sort faire un tour en quête d'un petit déjeuner. Il fait déjà une chaleur incroyable. Un guide nous dira plus tard qu'il a fait 40°C ce jour là. On découvre le centre ville et les hôtels à vazas (clim et café croissants). Allez, on n'a bien mérité, on se réserve une table dans un bon restau pour le midi et on rentre à l'hôtel les bras chargés de coco et de mangues. La coco est particulièrement tendre (on peut évaluer la fraîcheur de la noix de coco à la quantité de jus récupéré). Ca c’est un petit déj comme on les aime.
Les crevettes le midi sont un vrai délice. Ca nous change du traditionnel poulet-sauce-riz malgache. Soudain, cavalcade dans la rue. Tout le personnel du restau sort en terrasse. « On vient d’arrêter un voleur » nous lance le cuistot. « Ah bon ? Et la police va venir ? » « Non, ils vont le tabasser, ça se passe comme ça par ici ». Nous percevons un mec traîné par 2 costaux et suivi par la foule. Il ne fait pas bon être voleur à Mada. Et ils vont aussi lui couper un doigt ???? Nous n’avons pas posé la question mais ce n’était peut être pas loin de la réalité.
En effet 10 jours plus tard (permettez nous un petit bond dans le temps), regardant un de nos piroguier écailler le poisson avec un énorme couteau, je lui disais de faire attention à ses doigts. Il me répondit «on me prendrait pour un voleur » …
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Publié à 12:32, le mercredi 5 novembre 2008 dans d. Madagascar, Belo Tsiribihina Mots clefs : |
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Pour rejoindre Belo sur Tsiribina, la prochaine grande ville du parcours, on nous annonce 100km. C'est beaucoup pour une seule journée de piste surtout que Mic est toujours malade et qu'on nous a prédit du sable.
A 5h30 on prend le bac et c'est parti. L'état de la piste est très variable mais dans l'ensemble c'est plutôt bon et relativement plat.
En milieu de matinée nous sommes rattrapés par les 4x4 qui viennent des Tsingy (ils sont partis plus tard, il vont faire le trajet en 4h). Leurs occupants nous ont forcement vu hier avec nos vélos et nous avons parlés avec plusieurs d'entre eux. Du coup, nous avons droit à des encouragements, des applaudissements et on nous prend même en photo ! Ca donne du baume au cœur pour appuyer sur les pédales !!!
A11h30, on finit par s'arrêter à l'ombre d'un arbre au bord de la route. Nous avons déjà fait 58km. Un taxi brousse arrivant de Bélo nous annonce 37km au compteur. C'est tentant !!! Car même en attendant 14h30 pour repartir, ça nous fait presque 4h de jours pour finir. Maintenant on cuisine à la malgache le midi. On sort réchaud, popotte et riz. Depuis quelques km nous sommes entrés dans la foret tropicale sèche. C'est en fait un enchevêtrement d'arbustes et de buissons d'épineux, totalement inhospitalier. La route traverse cette foret en un long ruban rectiligne un peu déprimant. Pas de point de vue, c'est vraiment moins sympa que la savane d'herbes jaunes avec ses zébus et ses grands arbres de ci delà.
Ici on ne croise plus de malgaches à pied ou en vélo. Juste des 4x4, quelques motos et des charrettes à zébus surgis on ne sait d'où.
L'après midi est difficile. On a régulièrement du sable et on doit pousser les vélos. Et on a du mal à savoir où on se trouve car les villages (maisons) qu'on croise ne sont pas sur la carte et ceux qui sont sur la carte ne sont pas sur la route ! En plus les gens ne sont pas très précis dans leurs renseignements et la distance restant à parcourir varie d'une personne à l'autre. C'est dur à la fois moralement et physiquement. Mic est à bout. Pourtant on continue, et finalement nous retrouvons la civilisation (un téléphone portable qui sonne) un peu après le couché du soleil.
On s'arrête dans le premier hôtel qu'on croise et on achète à manger dans la rue. Objectif, allez se coucher le plus vite possible. Alors le poisson frit et les beignets de légumes feront l'affaire. Et pour faire passer tout ça, une bouteille de limonade bonbon anglais (c'est goût banane haribot !).
Notre devise pour les prochaines étapes : plus jamais ça !!!
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Publié à 10:16, le mercredi 5 novembre 2008 dans d. Madagascar, Mots clefs : |
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Comme c'est un parc national, il est géré par l'ANGAP. On nous attribue un guide, Armand, pour 2 jours dans les grandes Tsingy qui sont à 17km du village de Bekopaka. On va camper au pied des Tsingy et faire les circuits coucher de soleil demain et lever de soleil le jour d'après.
Nous faisons nos courses avant de partir. De l'eau, du riz, des tomates, des oignons, des bananes et un petit extra, des cacahouettes. Voila le menu des prochains jours. Nous partons en fin de journée avec les vélos. Armand nous rejoindra le lendemain en moto. On pédale avec plaisir, savourant notre liberté retrouvée. Le « camping » se trouve à l'écart d'un village, près de quelques cahutes ou vit une famille. Nous nous attendions à trouver plusieurs tentes et nous passons devant une première fois sans le voir. Du coup on monte la tente en pleine nuit sous la surveillance de la « chef camping », une vieille du village qui vient récupérer les 2000 AR (1 euros) que coûte la nuit. Elle supervise également la préparation du repas, goûte, hoche la tête puis nous laisse enfin tranquille.
Matinée off le lendemain. Quelques gamins rappliquent et nous sympathisons rapidement. Je les aide à porter un gros serpent dans la foret, ils me montrent le caméléon dans l'arbre, on va chercher de l'eau au ruisseau pour la lessive et la toilette. Bref on s'occupe et pendant ce temps, les 4x4 pour la visite des Tsingy défilent, et les vazas regardent notre tente avec stupéfaction. Au ruisseau, une cane et ses canetons font trempette. Mic est tout ému de tenir un caneton dans ses mains. Peut être cela va-t-il exorciser la vision du caneton empaillé de Libourne ? Moi je craque sur le petit chiot. Il nous a vite adopté, étonné de recevoir autant de caresses et dort dans l'abside la nuit. Si notre voyage s'était arrêté ici, je l'aurais ramené !
Nous décollons à 13h en plein cagnât. 4km à pied pour arriver aux Tsingy. L'entrée est spectaculaire : une échelle qui s'enfonce dans une faille. Quelle fraîcheur, et si on dormait là ce soir ?
Les Tsingy sont des formations de calcaire en arrêtes comme les Pinacles de Bornéo sauf qu'on se promène en plein milieu puis au sommet grâce à un circuit d'échelles, de ponts suspendus etc. C'est très bien aménagé et très ludique avec des passages de grottes à la frontale où il faut parfois marcher à 4 pattes. On finit par 2 plateformes qui nous permettent d'admirer l'immensité du site (200km de long). Le parc a tout juste 10 ans aujourd'hui mais ces circuits n'existent que depuis 4 ans. Et cet après midi nous avons le parc pour nous tout seuls ! Cerise sur le gâteau, nous apercevons 2 familles de lémuriens et leurs bébés qui font la sieste dans les arbres.
Le lendemain, nous devons décoller à 4h30 pour voir le lever de soleil depuis une plateforme. Mais Mic est brûlant de fièvre. Doliprane, tiorfan, et repos. Je pars sans lui. Ce circuit est assez court et ne vaut pas celui de la veille. Nous sommes rentré à 7h30. La fièvre est tombée, c'est déjà ça. On plie le camp et on rentre à Bekopaka. Première mesure contre la tourista, une bouteille de coca. Puis un gros plat de riz, des bananes et pour couronner le tout un triple Ricard.. Là franchement, on a mis toutes les chances de notre coté. Suivent alors 3h de sieste, d'abord parce qu'il fait trop chaud, et puis c'est plus sur après le Ricard !!!
Le soir on campe au pied du Manambolo. Ici il y a beaucoup d'autres campeurs. Pour prendre la route du retour à Morondava, il faut déjà traverser le fleuve avec le bac. Gros attroupement car on vient d'avoir une courte averse et du coup, le taxi brousse s'est embourbé en voulant monter. C'est balot, l'essence pour le bac venait juste d'arriver après 2h d'attente. Nous discutons avec Laurent, un réunionnais qui prend son mal en patience pendant que diverses stratégies sont tentées (soulever le taxi brousse au cric pour glisser des planches dessous). Pendant ce temps la file d'attente des 4x4 de l'autre coté s'allonge.
Un nouvel attroupement se forme 100m plus loin. Je vais aux nouvelles. C'est un malgache qui vient de s faire croquer le bras par un crocodile. Il a 2 énormes plaies de 15 cm de long et la chair est toute déchiquetée. Mais il a de la chance, ça ne saigne presque pas, l'artère n'est pas touchée. Et nous qui doutions de la présence des crocos dans le Manambolo !
Le taxi brousse est enfin dégagé. 10 minutes pour traverser avec le bac et il s'embourbe en descendant. Ca c'est Mada !
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Publié à 03:25, le mercredi 5 novembre 2008 dans d. Madagascar, Bekopaka Mots clefs : |
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Ca part en sucette dès le matin. Monsieur Claude n'est pas en fait le piroguier mais le propriétaire des pirogues. Et les 2 piroguiers qui viennent avec nous sont 2 petits jeunes qui ne parlent pas un mot de français. Pour la vie de tous les jours, on va se débrouiller mais on y perd beaucoup en explications et en échanges.
Nous poussons les vélos chargés jusqu'au fleuve. Monsieur Claude avait dit « pas beaucoup d'eau en ce moment on en a aux genoux ». C'est plutôt aux chevilles, oui ! Et la pirogue qui va transporter les vélos est en cours de colmatage au goudron 10 minutes avant le départ. Au moins si la pirogue coule, on n'aura pas de mal à récupérer nos affaires !!!!
Les pirogues sont creusées d'une seule pièce dans un grand tronc. On est assis sur de petites planches en bois et ce n'est ni stable ni confortable ! Mais on a tellement douté d'y arriver un jour qu'on est super content quand les pirogues s'élancent enfin.
Le trajet est annoncé en 3 jours. Nous ne mettrons qu'une matinée de plus, inespéré car on a bien du faire 10 fois le trajet normal tellement on a zigzagué sur le fleuve à la recherche des passages navigables (les 2 premiers jours). Souvent on descendait pour pousser la pirogue (ça soulage aussi les fesses et permet de se passer la tête sous l'eau). Comme la pirogue des vélos est plus difficile à manœuvrer et touche plus vite le fond (pb de conception). Nos 2 piroguiers s'en occupent alors ensemble pendant que nous, on gere la notre comme des grands !
Monsieur Claude s'est occupé de faire les courses pour le voyage. On a 10 kg de riz, quelques mangues, quelques herbes pour assaisonner, du poisson séché et une poule. La poule, c'est le meilleur moyen d'avoir de la viande fraîche pour la fin du voyage. Elle a les pattes ficelées mais elle tente quand même plusieurs fois de s'évader et on a du la repêcher dans l'eau à la 3ieme tentative. Du coup elle a fini la journée coincée sous le pied du piroguier. Ca nous servait de signal pour savoir quand il descendait de la pirogue car il devait lui appuyer dessus et ça la faisait caqueter !
Le poisson séché réhydraté 10 minutes dans le Manambolo et cuit à l’eau, c’est vraiment pas terrible. Heureusement nos piroguiers les cuisinent tous le premier midi. Exit l’odeur de poisson dans la pirogue.
Le 2ieme jour, alors qu’on se croit au milieu de nulle part, 2 hommes surgissent au bord de l’eau. Ils transportent avec eux un bout de carcasse de zébus que nous troquons contre quelques poignées de riz (ça vaut vraiment rien le zébus !). La viande attérit au fond de la pirogue, au soleil. Et comme il y a quand meme un peu d’eau dans la pirogue, nous avons bientôt de l’eau au jus de zébus qui nous coule entre les pieds. Hummm ! Quand est ce qu’on mange ?
On y a droit le midi et le soir (c’est très coriace, une de mes dents ne s’en relèvera jamais). Le lendemain, l’odeur de la viande qui macère au soleil devient vraiment désagréable. On la fait transvaser sur l’autre pirogue où elle est mise à sécher sur les rayons d’une roue de mon vélo. Nos piroguiers ont du interpreter cette requete comme un signe qu'on n'en voulait pas pour le repas du midi. Cela sonne la fin de la poule, qui sera saignée d'un coup de couteau à l'écart dans les roseaux.
Le midi nous nous arrêtons systématiquement sous un manguier. Malheureusement, les mangues sont à peine mures, voir complètement vertes au fur et à mesure qu’on descend le fleuve. Cela n’empêche pas nos 2 piroguiers d’essayer d’en attraper. La technique, c’est de choper une mangue verte à portée de main et de s’en servir comme projectile pour en faire tomber une un peu moins verte qui se trouve en haut. Ca ne les gène pas d’en cueillir 10 vertes pour arriver à atteindre leur cible.
Des enfants en haillons débarquent de nulle part et nous fixent de leurs grands yeux. Nous avons plus de choses dans nos sacs qu’eux n’en auront jamais dans leur maison. Ca met mal à l’aise. Avant de repartir, nos piroguiers leurs donnent à manger nos restes de riz avec du jus de cuisson.
Nous ne voyons pas de village le long du fleuve mais il y a toujours tout un tas de gens et de cahutes démontables sur les bancs de sable. Nous avons une petite pensée pour vous, qui etes en train de bosser alors que c’est lundi matin et que nous regardons un mec traverser le Manambolo en jouant du banjo … C’est aussi ça le lundi au soleil.
Le soir nous campons sur une plage de sable. C’est très orageux et des éclairs illuminent les reliefs. Nous n’y échappons pas et dès la premiere nuit, un court orage nous tombe dessus au moment ou nous allions nous coucher. Nous avions prêté à nos 2 piroguiers les couvertures de survie épaisses qui nous servent d’habitude de tapis de sol supplémentaires pour la tente (trop petite pour y tenir à 4). C’était pour se protéger du sable soulevé par le vent. Mais une fois l’orage sur nous, un doute nous assaille : c’est pas dangereux la couverture de survie en plein orage ???
Le 2ieme soir, c’est l’apocalypse. Nous venons à peine d’allumer le feu pour le repas et de monter la tente. Les piroguiers persistent quelques temps mais le feu s’éteint inexorablement. Pendant 5h c’est le déluge, tonnerre, éclairs etc. Au réveil on se demande ce que nous allons trouver dehors. Piroguiers enfuis ? Pirogues emportées ? Poule noyée ? Mais non, tout va bien et nos piroguiers ont le sourire. Et oui, le Manambolo s’est enfin rempli et on va pouvoir naviguer normalement !
Mais pour moi par contre, c’est un vrai cauchemar qui commence. Car le fleuve charrie des tonnes de débris, branches cassées, plantes arrachées etc. Et sur ces débris, des araignées par millier. Et quand elles « voient » la pirogue passer, elles quittent leur radeau et courent sur l’eau pour grimper dedans. C’est l’invasion, elles nous courent sur les bras, les jambes … L’horreur !!! Mic en tue 2 à la minute avec ses mains. Moi je les repousse avec un bambou. Impossible de les tuer avec car en plus, elles sautent !
Au bout d’une heure, l’invasion s’arrête car nous avons dépassé les débris. Les araignées à bord s’installent sur les sacs à l’avant, nous, nous sommes à l’arrière et il y a une zone vide au milieu. Statu quo. Je respire à nouveau. Elles débarquent avec nous le soir sur la plage et ne reviennent pas le lendemain.
Nous sommes à l’entrée des gorges et pour une fois qu’on s’arrête avant la nuit, on en profite pour prendre un bon bain dans l’eau rouge du Manambolo. A noter que c’est aussi l’eau que nous buvons mais après filtration, elle ressort claire comme de l’eau de source. Il faut quand meme nettoyer le filtre tous les 2L.
Nous décollons, le dernier jour au lever du soleil pour 4h de navigation dans des gorges qui atteignent parfois 80m de haut. Roche rouge, blanche, ocre. Arbres et lianes qui plongent dans l’eau. Oiseaux par millier. C’est magnifique. Cette matinée justifie à elle seule tout le voyage.
L’autre gros avantage du Manambolo, c’est qu’il nous dépose directement au pied des Tsingy, un site exceptinnel de Madagascar.
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Publié à 10:30, le mardi 4 novembre 2008 dans d. Madagascar, Manambolo Mots clefs : |
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Départ à l'aurore pour notre premier jour de piste. On déguste les meilleurs beignets à la banane de mada en regardant le soleil se lever. Apres 10km de route, on attaque la piste. Elle est comme dans nos rêves !!! Un beau ruban rouge qui s'enroule et se déroule dans les collines. Si notre passage suscitait la curiosité le long de la N1, sur la piste de Belobaka c'est l'enthousiasme ! Les gens courent pour nous voir passer, on nous encourage, nous souhaite bon voyage. Depuis le début, nous croisons beaucoup de malgaches en vélo. Ils savent ce que c'est que de se déplacer en vélo et ils ont l'air d'apprécier l'effort que nous fournissons pour venir les voir. Nous trouvons un peu de tranquillité à l'ombre d'un grand arbre pour le pique nique du midi. Désormais, on ne s'arrete dans les villages que pour acheter des bananes ou des beignets ou vérifier qu'on est sur la bonne route.
A Belobaka, nous filons directement voir Madame Célestine, l'adjointe au maire (on est recommandé par Jonas, celui de Sakay et par Mireille !). Elle a des chambres et s'occupe de nous trouver un guide. Mic remet les vélos en état ce qui n'est pas du luxe après 65km de poussière rouge. Nous en sommes aussi couvert de la tête aux chaussettes !
Le soir Célestine nous présente un guide et 2 porteurs. Les gens qui partent à pied prennent souvent des porteurs mais nous, comment faire avec les vélos ? Personne n'arrive à nous décrire les difficultés du chemin. Apres tout, on est déjà arrivé jusqu'ici alors s'il faut décharger et porter sur certains passages difficiles, et bien on le fera. A la question du pique nique du midi, nous expliquons que nous comptons faire cuire du riz ce soir et le manger froid avec tomates et avocats (on les trimbale depuis Ampefy et ils sont enfin murs !). A cette idée noter guide frémit d'horreur et il va prévoir son pique nique de son coté !
En fait pour le repas du midi, comme la chaleur oblige à une pause d'au moins 2h, les malgaches ont le temps de faire cure du riz. Donc ils ont dans leur sac une grosse gamelle et du riz. Charment minimum. Recherche d'un point d'eau, 3 pierres comme support, du bois et c'est parti.
Joaj, notre guide, a trouvé un VTT. C'est un VTT chinois, les seuls qu'on trouve à Mada et on comprend pourquoi tout le monde nous envie les notre ! Ceci dit il est beaucoup plus léger. La première matinée se passe bien même si on a l'impression de faire beaucoup de détours dans les collines et si ça monte toujours inexorablement. Paysage splendide de collines d'herbes jaunes zébrées ça et là de canyons rouges. Traînées verdoyantes là où coulent les ruisseaux. Pas grand monde sur les chemins et meme plus de zébus.
Ca se corse dans l'après midi. Les montées sont très raides et nous obligent à pousser le vélo. Mais avec le poids des sacoches je glisse sur la pente poussiéreuse et j'ai parfois du mal ne serait ce qu'à empêcher mon vélo de redescendre. Joaj ne ménage pas sa peine et nous aide à tour de rôle en poussant avec nous.
Puis on arrive à la fin de la piste des 4x4. Devant nous un mince chemin qui serpente au milieu des termitières (je me crois un géant en visite en Egypte). Le chemin est prévu pour les piétons et se transforme parfois en escalier ou passerelle enjambant les canyons. Il faut tout décharger et porter les cacs et les vélos un par un. Ici des porteurs seraient en effet très utiles.
Nous rejoignons justement un groupe de 7 malgaches qui vont aussi à Ankavandre. Ils vont plus vite à pied que nous en vélo. Pour la fin de la journée nous avons opté pour une nouvelle stratégie : charger les sac à dos pour alléger les vélos et les rendre plus manoeuvrant dans les passages à pied. Le problème de l'extrawheel se sont les ornières car la piste est parfois très creusée et les sacs frottent par terre, obligeant Mic à rouler entre les touffes d'herbes jaunes (tres dures car ce sont en fait des tiges calcinées).
Le soir nous improvisons un campement près d'un point d'eau avec les marcheurs. Apres cette journée très difficile on aimerait un peu de tranquillité mais tout ce qui nous concerne les intrigue au plus haut point (on peut les comprendre). Et pour satisfaire leur curiosité ils ne se contentent pas d'observer de loin mais viennent se mettre à 2m de nous et regardent sans un mot.
La tente devient un refuge pour un peu d'intimité. Le réchaud à alcool et la popotte font l'animation de la soirée. Il faut dire qu'un malgache mange en riz ce qu'ont servirait pour un groupe de 6 personnes en France ! Alors notre popotte, elle est dimensionnée pour un enfant de 4 ans et nous on y mange à 2 !!!!
2ième jour, la piste est plus roulante et ça c'est bon pour le moral. Nous attendons les marcheurs près d'un ruisseau. Comme ils ne transportent pas d'eau (question de poids ou de culture ?) il est vital pour eux de s'arrêter à chaque point d'eau pour boire. Par contre ils transportent une tasse qui passe de main en main.
Pour la portion suivante, nous comprenons qu'il y a un risque de rencontrer des voleurs armés. Il faut donc rester groupé. Les malgaches ont l'air inquiet et accélèrent le pas, scrutant les collines.
La dernière partie est impossible à faire en vélo. Il faut descendre la montagne par un petit sentier escarpé. Notre guide embauche 2 porteurs parmis le groupe. Sans eux on aurait mis la journée à faire les aller-retour avec les sacs. En bas une belle récompense nous attend. D'énormes manguiers. Nos poteurs en ont déjà amassé un petit tas et notre guide grimpe sur une branche pour en faire tomber d'autres. Festin de mangues ! « Pas plus de 8 » dira quand même Michael !!!
Nous débarquons dans le village en plein cagnât et nos réserves d'eau sont vides. Heureusement Lalys qui nous loge nous prépare un excellent poulet-sauce-riz pour nous remettre d'aplomb. Comme l'épicerie est fermée, pas possible d'acheter de l'eau vive (l'eau de source de Mada). On se jete sur le pichet d'eau, tant pis, on prend le risque, on a trop soif !La clé du cadenas de notre chambre reste introuvable malgré les multiples trousseaux essayés. Qu'à cela ne tienne, ils font sauter le cadenas au tournevis devant tout le village. Comme ça ils savent comment faire maintenant ...
Nous avons un piroguier, monsieur Claude, pour demain et 2 pirogues pour un prix raisonnable. Il nous guettait en bas de la montagne et l'affaire a été vite conclue. Les prétendants piroguiers défilent tout l'après midi (moi spécialiste croco) mais à Mada aussi, l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt !
On tire les rideaux pour être plus tranquille mais les enfants n'hésitent pas à passer la tête sous les rideaux pour voir les vazas de près... Il faut se faire une raison. La basse cours défile aussi devant notre porte : poules, canards, cochons, chiens, zébus ... Les chiens ici ne sont pas du tout agressifs (ils sont matés très jeunes) et sont plus que maigres. Ils dorment toute la journée et se vengent la nuit des coups de pieds reçus en aboyant le plus fort possible. Où aije bien pu mettre mes boules quies ???
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Publié à 09:49, le mardi 4 novembre 2008 dans d. Madagascar, Ankavandra Mots clefs : |
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